La maladie de Lyme est une maladie de plus en plus répandue en Europe et aux États-Unis. Véritable fléau, elle toucherait beaucoup plus de gens que ne le laissent croire les statistiques. Pourtant, peu de personnes se font diagnostiquer et encore moins de gens prennent un traitement pour soigner la maladie. Comment renverser la balance ? Explications et détails.

Qu’est-ce que la maladie de Lyme ?

La maladie de Lyme (appelée aussi borréliose de Lyme) a été nommée en référence à la ville américaine de Lyme, dans le Connecticut, dans laquelle de nombreux cas de cette maladie se sont manifestés en 1975. C’est une maladie bactérienne (due à borrelia burgdorferi), transmise par la morsure d’une tique. La maladie de Lyme est une maladie qui évolue généralement lentement – sur plusieurs années ou même plusieurs décennies.

On remarque trois stades d’évolution, lorsque la maladie n’est pas traitée à ses débuts :

Stade 1 :

  • dans les 10 jours après la morsure : syndrome grippal caractérisé par des courbatures, des douleurs articulaires, de la fatigue, des maux de tête…
  • érythème migrant (dans 50 % des cas seulement) qui apparaît entre 3 jours et 6 semaines après la piqûre. Non traité, il va progressivement augmenter de taille. Cette érythème disparaît ensuite spontanément au bout de quelques jours à quelques semaines.

Stade 2 (de 5 jours à 3 mois après la morsure si la maladie n’a pas été traitée dans le premier stade) :

  • méningo-encéphalite
  • grande fatigue générale
  • articulations douloureuses, les douleurs migrent
  • troubles ophtalmologiques, cardiaques ou dermatologiques

Stade 3 (une ou plusieurs années après la morsure) :

  • neuroborréliose tardive (inflammation du cerveau et de la moelle épinière)
  • polyneuropathie sensitive (atteinte de plusieurs nerfs sensitifs)
  • persistence des manifestations rhumatologiques, troubles respiratoires
  • On peut aussi observer une coloration bleutée des extrémités des membres (acrodermie chronique atrophiante).
  • état dépressif, troubles de la concentration, problèmes d’équilibre…
Qui est concerné et où s’attrape-t-elle ?

Tout le monde, sans exception, peut contracter la maladie de Lyme, même les animaux. Les tiques se retrouvent plus particulièrement sur les hautes herbes, les feuilles mortes et sur certains animaux. Par conséquent, les gens qui sont souvent au contact de la nature et/ou des animaux doivent redoubler de vigilance.

Une attention particulière doit aussi être accordée aux enfants chez qui les manifestations de la maladie peuvent se révéler plus grave. De même, la maladie de Lyme peut avoir de graves conséquences (bien que très rares) chez les femmes enceintes : avortement spontané, malformations du fœtus, transmission de la bactérie à l’enfant, etc.

Diagnostique :

La plupart du temps, la maladie de Lyme ne se diagnostique pas à l’aide d’un examen médical. En effet, ils se révèlent tous bons. De ce fait, l’éventuelle présence d’un érythème et la description des symptômes suffisent pour poser le diagnostique, mais ce n’est pas toujours le cas, notamment au stade 2 et 3. À ces stades, les traces de la piqûre ont généralement disparu et les symptômes peuvent être similaires à ceux d’autres maladies, ce qui rend le diagnostique plus difficile.

Dans ces cas-là, il est possible d’effectuer un examen au laboratoire (test ELISA) permettant de mettre en évidence la présence, dans le sang ou dans le liquide céphalorachidien, d’anti-corps spécifiques à la bactérie borrelia burgdorferi. Cependant, cet examen n’est efficace que 2 semaines après l’infection.

Comment traiter la maladie de Lyme ?

Plus la maladie est détectée tôt, plus rapide et efficace sera la guérison. Le traitement de la maladie de Lyme repose dans tous les cas sur l’antibiothérapie (traitement par antibiotiques pendant 2 à 4 semaines), car il s’agit d’une maladie bactérienne. Les antibiotiques sont administrés par voie orale ou par intraveineuse dans le cadre d’une hospitalisation, lorsque le cas est un peu plus sévère. Occasionnellement, des corticoïdes peuvent être administrés en cas d’arthrite chronique ou de troubles cardiaques.

À savoir : si la maladie en est au stade 2 ou 3, des séquelles sont possibles. Dans ce cas, certains symptômes pourront persister après le traitement antibiotique initial. La maladie peut alors devenir alors chronique. Si c’est le cas, parlez-en à votre médecin traitant.

Prévenez les piqûres de tiques !

Avec le retour du beau temps : méfiance !  En France, la période favorable à la contamination se situe entre mars et septembre. Des cartes des régions les plus sensibles sont disponibles sur internet : il est conseillé de les consulter. Quoi qu’il en soit, la prévention est le maître mot. Ainsi, veillez à :

  • porter des vêtements longs, fermés et couvrants lorsque vous voulez faire une balade dans la nature. Portez de préférence des vêtements clairs afin de mieux repérer les tiques qui ne sont pas encore accrochées à la peau. Lavez les vêtements portés lors de ballades à au moins 60°C
  • utiliser des répulsifs à tiques à appliquer sur les vêtements (bien respecter les conditions d’utilisation).
  • inspecter tout le corps à la recherche de tiques avant de rentrer chez vous (n’oubliez pas d’inspecter votre animal de compagnie). Sachez qu’elles peuvent se glisser sous les vêtements. Plus la tique est retirée tôt, moins vous avez de risque d’être contaminé. Si vous en trouvez une, arrachez-la soigneusement avec un tire-tique ou une pince à épiler préalablement désinfectée. Évitez de retirer la tique avec les doigts, un produit ou de l’alcool : la tique pourrait régurgiter sa salive, concentrée en bactéries. Désinfecter ensuite l’endroit de la morsure. Prenez soin de noter la date et le lieu de la piqûre.Vous pouvez éventuellement tester la tique enlevée grâce à un kit de test qui va déterminer si celle qui vous a piqué est porteuse de la bactérie borrelia burgdorferi. Surveillez ensuite l’endroit de la morsure et l’apparition d’autres symptômes. Dans tous les cas, il est conseillé de consulter un médecin, surtout s’il s’agit d’un enfant ou d’une femme enceinte.

Maladie de Lyme : quelles complications ?

La maladie de Lyme n’est pas anodine, surtout si elle n’est pas traitée tôt. Les douleurs qu’elle occasionne peuvent se révéler être très douloureuses au quotidien et même empêcher de mener une vie normale. Plus grave encore, la maladie de Lyme peut se révéler mortelle suite à de nombreuses complications : au stade 3 de la maladie, la bactérie peut avoir contaminé les nerfs, les yeux et s’étendre à des organes vitaux tels que le cœur, le cerveau ou la rate.

Faites preuve de précaution et soyez attentif aux symptômes de la maladie de Lyme : être informé permet d’agir bien plus vite.