Le bégaiement touche 1% de la population, soit environ 650 000. S’il ne se remarque pas au premier abord, le bégaiement est un trouble invisible qui a un impact psychologique plus ou moins important sur les individus. Comment repérer le bégaiement ? Quelles solutions et quels comportements adopter ? On fait le point.

Qu’est-ce que le bégaiement ? 

Le bégaiement est un trouble de la parole et de la communication qui se caractérise par des phénomènes qui perturbent la fluidité de la parole. Le bégaiement n’est pas systématique : la majorité des bègues n’ont pas de soucis lorsqu’ils chantent, jouent du théâtre, quand ils s’adressent à des jeunes enfants ou quand ils parlent tous seuls. Le bégaiement n’est pas continu : il peut apparaître par période (à l’enfance puis disparaître à l’adolescence et revenir à l’âge adulte), ou s’aggraver sous l’influence de l’environnement (stress…). Enfin, le bégaiement peut apparaître de façon progressive ou de façon brutale.

Symptômes du bégaiement : 

Le bégaiement peut se manifester de différentes manières :

  • incapacité ou difficulté à prononcer certaines syllabes (bégaiement clonique)
  • blocages sur des mots avec répétitions d’un son ou d’une syllabe (bégaiement tonique).
  • pauses et silences avant de pouvoir prononcer un mot (bégaiement par inhibition)

Ces différents types de bégaiements peuvent coexister chez un même individu (bégaiement tonico-clonique par exemple). Il existe 4 degrés de gravité, le dernier empêchant pratiquement toute communication (il peut être considéré comme un handicap). En plus des symptômes oraux, les personnes bègues peuvent également présenter d’autres symptômes tels que des tics faciaux, des tremblements des lèvres ou encore des battements rapides des paupières.

Causes et facteurs :

Les causes du bégaiement sont encore mal connues, si bien que plusieurs pistes sont envisagées. Elles pourraient être héréditaires : en effet, la présence d’un ou plusieurs personnes bègues au sein d’une même famille augmente le risque qu’un enfant soit bègue. Cependant, l’inverse n’est pas toujours vrai. De nombreux scientifiques étudient également la piste neuromusculaire dans l’apparition du bégaiement. Des études ont démontré des différences significatives entre les cerveaux de personnes bègues et non-bègues. Le bégaiement peut aussi apparaître suite à une atteinte neurologique acquise (à cause d’une maladie – AVC ou encore d’un choc à la tête…).

En ce qui concerne les facteurs favorisants, la composante psychologique a une grande importance : le bégaiement peut être aggravé sous l’influence du stress (examen, prise de parole en public…), d’un environnement familial ou d’une éducation difficile. Un choc émotionnel violent peut aussi être à l’origine du bégaiement chez des personnes qui n’en ont jamais souffert durant l’enfance.

Qui est concerné ?

Aujourd’hui, environ 650 000 personnes en France (soit 1% de la population) seraient bègues. Le bégaiement peut toucher les hommes, les femmes, les enfants, les adultes, les gens de différentes classes sociales et de différentes cultures. Il semblerait en revanche que les hommes soient beaucoup plus touchés que les femmes (3/4 des cas). Malgré les croyances populaires, le bégaiement n’a rien à voir avec les capacités intellectuelles d’une personne.

Le bégaiement apparaît généralement dans l’enfance, entre l’âge de 2 et 7 ans. Toutefois, il n’est pas alarmant que l’enfant bégaie un peu durant cette période étant donné qu’il est en plein processus d’apprentissage du langage. Cependant, lorsque le bégaiement est assez sévère et/ou qu’il persiste dans le temps (plus de 6 mois après son apparition), il convient de consulter un médecin.

Il est plus rare que le bégaiement commence à l’âge adulte, surtout si la personne n’a jamais bégayé dans son enfance ou son adolescence. Dans ces cas-là, des causes psychologiques ou neurologiques sont souvent en cause.

Quelles conséquences ? 

Les personnes bègues gèrent leur bégaiement très différemment. Certains d’entre eux ne seront pas gênés par leur bégaiement, tandis que d’autres développeront une honte, une gêne profonde et même de la dépression (surtout chez l’adolescent et l’adulte), lorsque les réactions des autres sont souvent blessantes.

Cette peur va inciter les personnes bègues à moins parler, à s’isoler, mais cela va surtout aggraver le problème du bégaiement, avec des conséquences sur la vie sociale, scolaire ou professionnelle de la personne bègue. Dans ces cas-là, il est important d’en parler avec son médecin traitant.

Au quotidien, il existe quelques conseils à observer lorsqu’on parle avec une personne bègue : n’essayez pas de finir ses phrases sans que vous n’y êtes invités, essayez de parler doucement et calmement pour ne pas créer d’anxiété, abstenez-vous également de donner des conseils.

Bégaiement : existe-il des remèdes ?

Un rendez-vous chez un médecin ou un orthophoniste permettra de discuter des différents traitements possibles, selon la situation de chacun (âge, sévérité, conséquences psychologiques). Plus le bégaiement est pris en charge tôt, meilleurs en seront les résultats. Il faut savoir que les différents traitements pourront, dans certains cas, ne pas complètement stopper le bégaiement, sinon en réduire les symptômes. Il n’existe, à ce jour, pas encore de traitement médical pour soigner le bégaiement.

La méthode la plus classique et la plus utilisée est la rééducation orthophonique avec un orthophoniste. Parfois, cette rééducation pourra être associée à un accompagnement psychologique (thérapie cognito-comportementale), afin d’apprendre à mieux gérer le stress et l’anxiété liées au bégaiement. Cette thérapie est remboursée par la sécurité sociale.

Le bégaiement n’est pas un handicap, des solutions existent.