5 % des femmes en âge de se reproduire serait atteinte d’endométriose. Douleurs, risques d’infertilité… Quelles sont les causes de cette maladie et existe-t-il des traitements pour soulager les symptômes ? SHOP PHARMACIE vous fait un résumé de l’essentiel de ce qui faut savoir sur cette maladie et ses pistes de traitements.

L’endométriose, qu’est-ce que c’est ?

Au terme du cycle menstruel, en l’absence de fécondation, l’endomètre (muqueuse de l’utérus) se désintègre et est évacué par le vagin avec les menstruations. L’endométriose se caractérise par la présence d’endomètre en dehors de l’utérus. En effet, lorsque le sang menstruel n’est pas totalement rejeté par le vagin, une partie contenant des cellules endométriales peut se propager et se greffer sur le tissu péritonéal ou sur d’autres organes (intestins, vessie, reins). Il se développe alors des réactions inflammatoires, des lésions nodulaires et des kystes aux endroits où les cellules de la muqueuse utérine se fixent.

Endométriose : quels facteurs ?

La cause principale est encore méconnue. Toutefois, plusieurs hypothèses sont avancées :

  • Lien génétique : Des mutations sur certains gènes augmenteraient le risque d’apparition de l’endométriose, notamment le gène Kras qui stimule la croissance et la prolifération des tissus.
  • Hypothèse infectieuse : Elle serait liée aux virus ou aux prions.
  • Conception toxique : Les substances toxiques comme la dioxine (principalement produite par les incinérations de déchets propagées dans l’air et qui viennent se fixer sur les viandes, les poissons, produits laitiers etc.) favoriseraient son apparition.
  • Thèse environnementale : L’exposition à certains produits toxiques provenant des aliments ainsi que les perturbateurs endocriniens pourraient être la cause de l’endométriose.
  • Théorie auto-immune : Il pourrait s’agir d’un mauvais fonctionnement du système immunitaire. Cependant, les nombreuses anomalies décelées du système immunitaire ne permettent pas encore d’affirmer s’il s’agit d’une cause ou une conséquence de l’endométriose.

Symptômes de l’endométriose

L’endométriose peut être asymptomatique. Autrement, les principaux signes sont les douleurs et l’infertilité. Les douleurs peuvent se manifester de différentes manières :

  • Règles douloureuses : on peut ressentir des crampes ou de fortes douleurs au pelvis qui peuvent se diffuser vers le dos, les cuisses et l’anus. Cela peut entraîner de la constipation ou une envie fréquente d’uriner.
  • Douleurs pendant les rapports sexuels : son intensité est variable et se fait plus sentir lors de certaines positions. Au plan psychologique, la peur de la douleur réduit l’envie d’avoir des rapports.

Selon un article de 2012 publié dans la revue scientifique Obstetrics and Gynecology Clinics of North America, 30 % à 50 % des femmes atteintes d’endométriose seraient infertiles. Le contact des tissus avec d’autres organes obstruerait la libération ou le passage de l’ovule vers l’utérus. L’endométriose serait ainsi l’une des causes les plus courantes de stérilité chez la femme.

Traiter l’endométriose ?

Comment la diagnostiquer pour mieux la traiter ? Une échographie pelvienne ou endovaginale peut localiser les kystes d’endométriose. Une radiographie de l’utérus et des trompes ou une imagerie par résonance sont également efficaces pour détecter une endométriose.

Ensuite, le choix du traitement dépend des symptômes :

  • Les traitements médicaux font intervenir l’usage de la GnRh (Gonadotropin Releasing Hormone ou gonadolibérine) qui va créer une ménopause artificielle, car les lésions de l’endométriose n’évoluent plus après la ménopause.
  • Prendre la pilule œstroprogestative en continu empêche les règles douloureuses.
  • La douleur peut être aussi réduite par la prescription d’anti-inflammatoires non-stéroidiens (AINS) qui inhibent la sécrétion de prostaglandines.
  • Une autre alternative serait de se faire poser un dispositif intra-utérin (DIU) aussi appelé stérilet. Ce dispositif contribue à réduire le volume des règles ainsi que les douleurs associées à l’endométriose.

Pour un traitement chirurgical, il est possible de procéder à la suppression de l’utérus et des ovaires, ce qui guérit définitivement de l’endométriose. Attention : ce traitement est à envisager seulement si vous ne voulez plus ou pas avoir d’enfant. Une option moins radicale serait de supprimer les lésions d’endométriose par cœlioscopie ou de détruire les kystes par électrocoagulation ou par laser.

La Haute autorité de santé (HAS) et le collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) ont également fait de nouvelles recommandations en matière de prise en charge de l’endométriose. Prenez en connaissance pour une prise en charge optimale.