Aujourd’hui, la dépression touche près de 350 millions de personnes dans le monde. Peu importe le sexe, l’âge, la classe sociale ou l’ethnie, personne n’est épargné par la dépression. Pourtant, elle reste une maladie assez taboue de nos jours et relativement peu soignée correctement. Détails et explications sur la dépression.

Petite déprime ou réelle dépression…?

La déprime (aussi appelée coup de bluesbaisse de moral ou encore saute d’humeur) et la dépression sont deux termes que l’on entend souvent dans la vie de tous les jours. Souvent utilisés de manière interchangeable, ils ne désignent pourtant pas la même chose. Si se sentir déprimé est tout à fait normal dans certains moments de notre existence, la dépression est au contraire une vraie maladie, c’est-à-dire qu’elle occasionne une véritable altération de la santé. Les symptômes peuvent parfois sembler être similaires ; toutefois, les symptômes de la dépression sont plus intenses et durent plus de 15 jours d’affilé.

« Dépression » ou « dépressions » ?

Le fonctionnement de la dépression est complexe, mais on sait qu’elle est due à plusieurs facteurs (sociaux, psychologiques et biologiques). De plus, il existe plusieurs types de dépression : dépression majeure, dépression chronique, les troubles bipolaires, la dépression saisonnière (ou Trouble Affectif Saisonnier) ou encore dépression post-partum… ainsi que différents degrés : dépression légère, modérée et sévère.

Dépression : quels symptômes ?

Comme toute maladie, la dépression présente plusieurs symptômes, répertoriés par les médecins, qui permettent de l’identifier. Si au moins 4 de ces symptômes sont présents de manière quasi permanente pendant plus de 2 semaines et qu’ils ont des retentissements dans presque toutes les sphères de la vie (travail, vie sociale et affective…), il est très probable qu’il s’agisse d’une dépression plutôt que d’un coup de blues.

  • tristesse et souffrance morale inhabituelles, intenses et quasi permanentes, qui n’ont pas forcément de cause
  • ralentissement psychique : troubles de la mémoire, de la concentration, élocution perturbée…
  • sommeil perturbé
  • fatigue permanente, non atténuée par le repos ou le sommeil
  • idées noires : dévalorisation, culpabilité et parfois pensées suicidaires
  • perte de désir et d’intérêt dans plusieurs domaines
  • autres symptômes possibles : anxiété, sentiment de fatalité, sommeil et appétit perturbés, douleurs diffuses, forme physique diminuée, affaiblissement du système immunitaire…

Selon l’OMS, 350 millions de personnes seraient aujourd’hui atteintes de dépression dans le monde (les femmes semblent toutefois plus touchées). Pourtant, moins de la moitié des dépressifs bénéficient d’un traitement adéquat. En cause : les stigmatisations et discriminations sociales face à cette maladie empêchent malheureusement encore beaucoup de personnes à se faire aider – la dépression est parfois vue à tort comme une faiblesse de caractère ou un manque de volonté

Il est important de reconnaître les signes de dépression qui peuvent souvent passer inaperçus ou être attribués à une déprime passagère. Connaître les symptômes permet ainsi de pouvoir s’auto-diagnostiquer ou diagnostiquer quelqu’un d’autre, afin de pouvoir ensuite rapidement se tourner vers un professionnel de la santé. Rappelez- vous : plus elle est diagnostiquée tôt, plus la dépression est facile à soigner.

Comment traiter la dépression ?

Peu de gens le savent, mais il est possible de guérir totalement de la dépression, même lorsqu’elle est sévère. La dépression ne doit pas être prise à la légère : c’est la première cause de suicide dans le monde ! En effet, on estime que 70 % des suicidés étaient atteints d’une dépression non-diagnostiquée ou non-traitée. Traiter sa dépression est donc primordial, quels qu’en soient le type et l’intensité. Le traitement peut être divisé en plusieurs paliers :

  • Le traitement médicamenteux

Il faut dans un premier temps « guérir » le cerveau. Et c’est là que les antidépresseurs entrent en action : ils vont contribuer à corriger le déséquilibre chimique qui provoque la dépression, restaurant ainsi les facultés cognitives, l’appétit, un bon sommeil etc. À savoir : les antidépresseurs ne sont pas toujours obligatoires en cas de dépression légère.

Les antidépresseurs commencent à faire effet après quelques semaines de prise (entre 1 et 4 semaines), puis il faut compter encore de 4 à 6 mois (parfois plus) pour que les symptômes disparaissent complètement. De nombreuses personnes sont tentées d’arrêter leur traitement durant cette période de consolidation ; pourtant c’est prendre le risque de voir les symptômes réapparaître. En effet, les rechutes sont très courantes (plus de 50% des cas). Votre antidépresseur ne vous convient pas ? Il faut parfois plusieurs essais avant d’en trouver un qui aura des effets concluants : parlez-en à votre médecin et persévérez !

  • Le traitement psychothérapeutique

Une fois les symptômes de la dépression diminués, il est vivement conseillé de suivre une psychothérapie, quel que soit le type, le degré ou l’ancienneté de la dépression. De nombreuses études ont prouvé son efficacité dans la guérison de la dépression. Le rôle du psychothérapeute est de montrer au patient qu’il n’y est pour rien dans sa dépression, qu’il s’agit bien d’une maladie. De plus, la psychothérapie permet au patient d’exprimer ce qu’il ressent sans crainte d’être jugé. Tout cela contribue à ce que le patient retrouve confiance en lui afin de limiter le risque de rechute. La psychothérapie peut parfois être entreprise seule – sans l’aide d’un traitement médicamenteux – dans les cas de dépression légère.

La durée et la fréquence des séances dépendent fortement du type et de l’ancienneté de la dépression. Il est important de se sentir à l’aise avec le praticien qui nous suit : n’hésitez pas à en essayer plusieurs, si possible.

  • Les approches alternatives 

Selon le type de dépression, il est possible d’essayer d’autres thérapies en complément du traitement médicamenteux :

  • Plusieurs médicaments contre les troubles de l’humeur, dont beaucoup sont au millepertuis, sont disponibles en vente-libre (veillez quand même en parler à votre médecin avant d’en utiliser, le millepertuis peut interagir avec d’autres médicaments).
  • La luminothérapie (ou photothérapie) dans le traitement des dépressions saisonnières (liées à la diminution de la lumière solaire en automne et en hiver).
  • La stimulation magnétique inter-crânienne : indiquée pour une dépression modérée ou sévère lorsque les traitements médicamenteux n’ont pas eu d’effet.
  • Pour les cas de dépression sévère : l’electroconvulsivothérapie qui consiste à administrer de petits chocs électriques lors d’une opération sous anesthésie générale.

Au quotidien, pratiquer une activité physique même modérée comme la marche, la natation, le vélo etc. apportent de nombreux bienfaits indéniables. Les techniques de relaxation (yoga, méditation…) sont bénéfiques, mais il est nécessaire, dans un premier temps, de pratiquer avec un professionnel afin d’avoir des résultats concrets. Enfin, une alimentation équilibrée est bien entendu primordiale pour une bonne santé mentale et physique. Les oméga 3 (contenus dans certains poissons et fruits de mer) auraient des effets bénéfiques sur la dépression : pourquoi ne pas essayer ?

Attention : la guérison complète doit être établie par un spécialiste de la santé : lui seul peut décider de l’arrêt (progressif) du traitement ! Toutefois, si vous remarquez ensuite que les symptômes réapparaissent, prévenez votre médecin.

Ne sous-estimez pas la dépression ! Sans être une fatalité, c’est une vraie et sérieuse maladie qui, avec suffisamment de volonté, peut heureusement être totalement soignée !